• Une grande histoire...

     
    Je tentais de calmer mon cœur en vain en prenant une respiration plus lente puis je risquai à nouveau un coup d’œil dans sa direction. Il était à présent accouder au bureau de l’accueil entrain de parler à la femme du service d’information. Ces traits était doux et la femme était sous son charme. Il avait des cheveux bruns avec des reflets roux et un visage légèrement pâle. Il avait un je-ne-sais-quoi que je n’arrivais pas à décrire. C’était perturbant pour moi! Il semblait être d’un autre pays…il y a dans son allure une certaine distinction, noblesse si vous voulez. Il se détacha du bureau, remercia la femme et se dirigea dans une direction, le bouquet toujours en main. Curieuse malgré tout, je le suivis à distance et le vis s’approcher de la chambre de Beth. Je fus saisi quand il toqua légèrement à la porte de celle-ci, qu’il entra suivi par des exclamations de joie. Beth connaît ce garçon???

    *

    *              *

     Celui-ci effectivement entra dans la chambre après avoir attendu la réponse de Beth. La jeune fille était ailleurs jusqu’à maintenant quand quelqu’un toqua à sa porte. Elle vit apparaître une personne avec un bouquet de roses blanches et s’écria, heureuse :

    _ «  Edward!! Bon sang, j’y crois pas! Tu as fait tout ce chemin pour me voir! dit-elle en se jetant à son cou.

    _ Beth…je suis content de te revoir…ça fait tellement longtemps. Depuis que tu m’as envoyé un sms, je me suis beaucoup inquiété. Tu avais marqué que ça s’était aggravé et…puis comme je devais rendre visite à un parent qui habite à quelques kilomètres de là, j’ai profité de l’occasion pour partir de chez moi. Je sais que je suis néanmoins arrivé en retard…annonça-t-il, en posant sa main sur la sienne.

    _ Ce n’est rien! C’est gentil, ton attention me touche! Je suis contente que tu sois là! Viens t’asseoir! proposa-t-elle, en le guidant au fauteuil.

    _ Alors…comment vas-tu?? demanda-t-il, soucieux.

    _ Eh bien…pour l’instant je n’ai plus rien, la chimio semble faire son effet mais je suis tout de même au deuxième stade, encore une étape et je suis condamnée! dit-elle, tristement.

    _ Tu ne dois pas renoncer…tu dois te battre, coûte que coûte! Tu es jeune…tu ne mérite pas de mourir. Je refuse de perdre une amie! Plus tu te battras, plus tu seras forte. Il faut garder espoir, Beth.

    _ Edward…si j’espère et que je n’arrive pas au but…je ne le supporterais pas. Je ne peux promettre ça…c’est au dessus de mes forces. murmura-t-elle, en enlevant sa main de la sienne.

    _ Beth…

    _ …mais je m’accroche du mieux que je peux, il y a ma famille et…Jéro, mon frère vient souvent me tenir compagnie.

    _ Tu as reprit des couleurs! constata-t-il doucement, résigné.

    _ Oui c’est-ce qu’on m’a dit…chuchota-t-elle puis elle mit sa main à sa gorge.

    _ Qui y a-t-il?? s’inquiéta-t-il.

    _ J’ai la gorge sèche et j’ai fini mon eau toute à l’heure…commença-t-elle.

    _ Je vais aller te chercher quelque chose à boire…qu’aimerais-tu? Un chocolat? proposa-t-il, poliment.

    _ Oui, s’il te plaît! Merci beaucoup! dit-elle en déposant le bouquet dans un vase vide.

    _ J’arrive! Ne t’inquiète pas!

    _ Ne te perds pas! » lança-t-elle mais il avait déjà quitté la chambre.

    Elle se réinstalla dans son lit, prit une photo dans son tiroir et la contempla tristement.

    *

    *              *

     Depuis 10 minutes, je tournais en rond dans les couloirs à me poser des questions sur la relation qu’il y avait avec Beth et cet inconnu. Et malgré moi, je me dirigeais à nouveau vers la chambre de mon amie quand à l’angle d’un mur soudain, je fus percutée de plein fouée par quelqu’un. Instinctivement, je fermais les yeux, je me préparais mentalement à une chute douloureuse…qui ne vint pas. Cette personne a eut le réflexe de me retenir par le poignet et de me redonner l’équilibre. Doucement, je relevais mes yeux et les posèrent sur elle. En face de moi se trouvait le fameux inconnu, qui me regardait intrigué. Il me relâcha, je sentais encore sa main sur mon poignet, brûlant.

    _ «  Je suis navré… » commença-t-il à peine que je m’enfuis à toutes jambes comme Flash Gordon.

    Il fut totalement surpris de ma réaction.

    _ «  Bon sang! C’est la premier fois de ma vie qu’une fille s’enfuit en courant en me voyant. » pensa-t-il étonné puis en repensant à ma tête de chat apeurée, il ria légèrement.

    Sur ses pensées, amusé , il se dirigea vers la salle d’attente où se tenait les machines.

    Quand à moi, je finis par arrêter ma course car on me lançait des regards de reproches ou que sais-je encore dans les couloirs!

    _ «  Il faut que je m’occupe… » murmurai-je, comme un rituel.

     *

    *             *

     Beth vit Edward revenir avec deux gobelets en plastiques fumants et lui en tendit une, tandis qu’elle reposait de son autre main la photo à côté d’un vase. Elle huma l’odeur du chocolat chaud et en but une petite gorgée. Edward avait entraperçu la photo et intrigué, il demanda :

    _ « Beth…c’est quoi la photo que tu contemplais depuis tout à l’heure?

    _ Euh…un souvenir. murmura-t-elle.

    _ Je peux la voir? dit-il, poliment.

    _ Oui…si tu veux. » lança-t-elle doucement en lui passant la photo.

    Il regarda la photo avec un réel intérêt, il vit Beth avec un sourire éclatant au visage face à l’objectif, ses cheveux bouclés roux s’échappèrent de son turban colorés. A côté qui l’enlaçait d‘un bras autour du cou, une autre fille souriait malicieuse et faisait le signe « Peace » à l’appareil.

    _ « Qui-est-ce?

    _ Une amie…elle s’appelle Alisea Lennings, elle a un cancer des poumons. On s’est rencontré lors d’une séance au docteur. On a parlé dans la même salle d’attente et on a tout de suite sympathisé…

    _ C’est bizarre…tu m’as dit que tu te sentais seule mais tu as cette amie.

    _ Les choses ont changé depuis quelques semaines…avoua-t-elle.

    _ …Qu’en est-il?

    _ Elle m’a dit qu’il valait mieux pour mon bien de me préoccuper de ma santé et pas de la sienne qui s’est aggravée, il n’y a pas longtemps. Elle voulait affronter sa maladie seule…

    _ Je vois…elle pense faire ce qui est juste en t’éloignant d’elle. Peut être qu’elle ne veut pas que tu l’as voit quand elle souffre.

    _ Elle me demande de respecter son choix mais je ne la comprends pas …pourquoi cette distance alors qu’ensemble nous pourrions faire face à cette maladie. Maintenant on est seule chacune de notre côté dans le même hôpital et il n’y a rien! s’exclama-t-elle.

    _ Tu veux dire qu’elle est dans « cet » hôpital ?! dit-il en examinant de plus près la photo et soudain ce visage lui rappela celui de la fille apeurée qui était dans le couloir.

    _ Oui…pourquoi? s’enquit-t-elle, en le scrutant étrangement.

    _ Je crois que j’ai croisé ton amie dans les couloirs…on s’est même percuté! J’ai eu le reflexe de la rattraper et quand celle-ci m’a vu, elle est partie à toute vitesse. C’est la première fois que je fais peur à une fille. C’est étrange…je n’ai pas tout de suite fait le lien entre elle et la photo…

    _ C’est bizarre ce que tu dis! Alisea n’a peur de personne…les garçons ne lui font pas peur c’est stupide!

     _ Cette Alisea sur la photo tu veux dire…battante, pas froid aux yeux et son sourire a de quoi être contagieux rien qu’en la regardant. Elle semble énergique, elle dégage une aura…une force étonnante sur cette photo. reprit-il, rapidement

    _ Et?...

    _ Celle que j’ai vu dans les couloirs…et le contraire. Elle semble vulnérable, sensible à tout, ses yeux ont perdus de l’éclat. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même…c’est comme si, elle était déconnectée du monde réel. Il y a quelque chose dans son regard qui m’intrigue au plus au point ainsi que sa personne. Je ne saurais l’expliquer…bref c’est l’impression que je me suis fait.

    _ Pour être ainsi c’est que contrairement à moi, ça ne va pas pour elle. J’aimerais pouvoir lui parler mais je sais qu’elle refusera…dit-elle, dépitée.

    _ Chaque chose en son temps…je suis sûr que vous finirez par vous retrouver.

    _ J’aimerais être aussi optimiste que toi, Edward! ».

     *

      *              *

    18h - la grande salle d’attente de l’hôpital.

    De la baie vitrée, les bras croisés contre moi, je pouvais contempler le magnifique jardin de l’établissement et voir les paysages au loin, des plaines à perte de vue sous un coucher de soleil. A l’horizon, il y avait des reflets mauves et jaunes dessinés…c’était incroyable, je pouvais imaginer la chaleur des derniers rayons du soleil sur ma peau. L’hiver va bientôt arriver…pourtant nous ne sommes qu’en Octobre. C’est probablement l’attraction terrestre qui est bouleversé. Tranquillement, j’allais m’asseoir sur une banquette en face d’une rangée de machines à café, boissons et autres attendant en vain d’être utiliser. Pour compenser la monotonie des visiteurs et des patients, cet endroit diffusait de la musique d’un audiophone. Distraitement, j’écoutais une voix mélodieuse chantait :

    _ «  J’ai passé mes soirées à…imaginer. Qu’un beau jour, mon amour…viendra me chercher mais…ça n’arrive jamais en vrai! J’veux des violons dans ma vie, des décors en cartons aussi! J’veux des chansons sous la pluie, des Good night au balcon…toutes les…nuits!… ».

    Je tressaillis à ces paroles, pensant à mon propre cas. Un soupir m’échappa face à cette chanson oh combien vrai et je posais mon menton sur la paume de ma main, pensive. Le regard ailleurs, je ne prêtais aucune attention au va et vient des gens dans le couloir…et j’évitais de penser à quelqu’un en particulier. Un mouvement à ma droite m’indiqua qu’une personne s’était assise à côté de moi doucement, mais je n’y prêtais aucun intérêt toujours dans la lune. Celle-ci feuilletait probablement un journal et pendant un moment le silence régna, presque pesant sans savoir pourquoi. Puis elle posa le magasine à côté d’elle et je sentis son regard sur moi. Je risquai un œil vers elle quand je tombai sur ses yeux gris métalliques, inquisiteurs. J’eus un mouvement de recul et il me fit un signe apaisant.

    _ «  Je suis désolé de vous avoir fait peur, là n’était pas mon intention. Nous nous sommes déjà vu dans les couloirs, n’est-ce pas? Je crois vous avoir effrayer par la même occasion tout à l’heure…j’aimerais me faire pardonner. Avez-vous soif? me questionna-t-il, gentiment.

    Que devais-je dire ou faire? Les mots ne sortirent pas de ma bouche et je fis un signe de tête, résignée. Prenant ce geste pour un « oui », il alla choisir une boisson et suivit son instinct à ma préférence. Je le regardais faire silencieuse, attendant de savoir ce qu’il allait m’offrir. Il revient et me tendit le gobelet fumant avec un petit sourire dans le coin. « Je dois reconnaître que ses intentions sont charmantes et j’en reviens même pas qu’un garçon craquant notamment inconnu soit là en ma compagnie » pensai-je en regardant à l‘intérieur du gobelet, sous l‘œil amusé de l‘inconnu. Il vit mon expression surprise à la boisson et s’enquit pour faire la conversation :

    _ « Généralement les filles aiment tous le chocolat , j’espère que vous ne faites pas l’exception à la règle! dit-il et la réponse fut immédiate car je buvais précautionneusement de ce liquide chaud.

    _ Merci. lançai-je, doucement.

    _ De rien…au faite, je m’appelle Edward Masen.

    _ Moi…

    _ Alisea Lennings…oui ».

    Sur ces mots, on se tut et on but chacun notre boisson, pensifs.

    _ «  Je crois que nous avons une amie en commun non?? murmura-t-il, songeur.

    _ Oui… hésitai-je et sans rien lui demander, il me parla de sa santé.

    _ Elle va bien…son traitement a fonctionné, je suis optimiste.

    _ Ah…

    _ Tu ne parles pas beaucoup…pourtant ce n’est pas ce qu’a pu me dire Beth. énonça-t-il en me voyant devenir rouge comme une pivoine.

    _ J’ai…changé…c’est tout.

    _ Oui…, dit-il dans un murmure, je l’ai constaté…

    _ Comment ça? demandai-je, surprise.

    _ J’attire ta curiosité n’est-ce pas? dit-il, en riant légèrement.

    _ Euh…

    _ J’ai un secret…seule ma famille le sait. Je n’en ai même pas parler à Beth mais quelque chose me dit que je peux te le confier.

    _ Vous n’êtes pas obligé…commençai-je à dire.

    _ Je sais…( en me souriant )…mais comment dire? Je pense que tu pourrais me comprendre… » avoua-t-il, en me tutoyant pour la première fois.

    Je le regardais étrangement et il prit ce regard pour du mécontentement.

    _ Qu’ai-je dit? Cela te gêne que je te tutoie? Dis le moi, je comprendrais!

    _ Ce n’est pas ça! Je ne mérite peut être pas cette confiance! Je ne vous…je ne te connais que depuis aujourd’hui!

    _ Il y aura d’autres occasions, j’en suis sûr! Et puis, je pense que tu aimerais savoir si Beth va toujours aussi bien loin de toi.

    _ Oui…admis-je, à moi-même.

    _ Tu as quelque chose que je ne saisis pas, qui m’intrigue que je n’ai jamais vu avant. C’est pourquoi aussi je voulais t’en faire part, peut être que tu pourras m’éclairer.

    _ Si tu veux…

    _ Ce secret est né après la mort d’un être cher, je devais avoir 8 ans quand mon grand père est mort. J’ai eu par la suite une…révélation, on va dire. avoua-t-il, en riant désabusé.

    _ …( attentive ).

    _ Je me suis rendu compte que j’avais le don d’apercevoir certaines choses. Je pouvais distinguer les auras de chaque personne. Je ne comprenais pas au début pourquoi je voyais des gens du jour au lendemain avec des couleurs qui varie du jaune éclatant au noir. Puis avec le temps et de l’intuition, j’ai compris que ça reflétait la personne qui détenait cette aura. Jaune c’était positif, cela montrait une personnalité forte, de bonnes qualités plus que de mauvaises. Rouge c’était tous ce qui était la colère, la vengeance, l’autorité permanente. Noir c’était mauvais signe, cela peut avoir plusieurs abords…la méchanceté pur, les damnés, le mal dans un sens général et le blanc…je pense que ce sont des êtres supérieurs en tout cas pas humain que je peux voir mais les autres non. Or j’ai constaté qu’il y avait une majorité de jaune au alentour, c’est comme ça que je sais reconnaître que le jaune est spécifié pour nous. Euh c’est à peu près tout…

    _ Incroyable…tu peux voir les auras de n’importe qui et toi?

    _ Je ne peux la voir qu’en me tenant devant une glace, mais à côté de toi! Je ne saurais dire…

    _ Il y a quelque chose qui cloche chez moi c’est pour ça que je t’intriguais?

    _ Ton aura est double…ce que je n’ai jamais vu auparavant. Ce qui est étrange, c’est que ces deux couleurs s’opposent…je ne saurais définir…

    _ Quels couleurs?

    _ Jaune et noir…avoua-t-il en me regardant.

    _ Hum…

    _ Tu saurais pourquoi?

    _ …non. répondis-je, bien tard.

    _ Je ne veux pas te forcer à me confier mais si tu veux en parler, je serais là. Je crois que j’aurais beaucoup à apprendre de toi. Peut-on dire maintenant que nous sommes amis? s’interrogea-t-il, dubitatif en me scrutant en coin.

    _ …Oui. dis-je, amusée par sa reparti.

    _ Alors enchanté de te rencontrer, Alisea.

    _ Moi aussi, Edward! » répondis-je d’ailleurs sincère.

    On se serra la main amicalement, les yeux dans les yeux en souriants.

    *

    *           *

     Depuis on se voyait régulièrement en fin de journée, après qu’Edward avait passé une partie de l’après midi avec Beth. J’eus appris que c’étaient des amis de longues dates, qu’ils s’étaient connus sur le net pour je-ne-sais-quel passion. Cela me fit légèrement rire, je les voyais bien tous les deux derrière un ordinateur. Je l’attendais comme à mon habitude à la salle d’attente, notre lieu de refuge pour parler. Il était effectivement pas de chez nous, c’était un canadien. Tout à fait son style en passant, l’audiophone continuait de tourner des chansons populaires à la radio quand je le vis arriver. Il me fit un signe amical de la main, je lui répondis de même en ajoutant un salut et il s’assit à mon côté, en soupirant.

    _ « Tu vas bien? demandai-je.

    _ Oui…enfin il y a des soucis dans ma famille en ce moment…

    _ Au canada??

    _ Oui…et toi, ça va? dit-il en me regardant minutieusement.

    _ Euh…oui… » mentis-je, en regardant les veines noirs-mauves de mes mains.

    Sceptique, il suivit mon regard et vit mes mains.

    _ « Mince, tes veines sont de cette couleur là quand tu as froid? » lança-t-il en me prenant mes mains pour les réchauffer.

    Il frotta les siennes contre les miennes et les garda pour me communiquer sa chaleur. Cette intention me toucha plus que je n’aurais pensé, mais je me gardais bien de le lui cacher.

    _ « Tu as le teint très pâle aujourd’hui! murmura-t-il, en effleurant mon front d‘une main avant de recouvrir mes mains. 

    _ Je n’étais pas bien ce matin…je suis restée couchée…

    _ Ah…allez, viens là! dit-il, en faisant signe de poser ma tête sur son épaule.

    _ Tu es sûr? demandai-je, inquiète.

    _ Oui…allez, profite-en! Je ne suis pas tout le temps là!

    _ Attention…je pourrais m’y habituer! lançai-je, en souriant.

    _ J’aime bien te voir sourire…dit-il en voyant mon visage s’éclairait.

    _ …Comment va Beth aujourd’hui? fis-je, pour changer de sujet, le cœur battant.

    _ Elle va bien…elle m’a initié à un jeux auquel je n’avais jamais joué jusqu’à maintenant.

    _ Lequel?

    _ Le uno.

    _ Oh, le uno! C’est excellent, tu sais. C’est mon jeux préféré!

     _ Oui, elle m’en a parlé. Elle a dit qu’avant tu lui rendait visite tous les jours pour lui tenir compagnie. Quand elle parle de toi, elle a toujours ce sourire triste au visage. Tu lui manques c’est évidemment. Tu penses lui reparler un jour?

    _ Un jour… quand je serais sûre qu’il n’y aura plus rien à craindre. murmurai-je, évasive.

    _ Es-tu d’un naturel pessimiste comme Beth?

    _ Non…enfin je suis réaliste, je sais ce que j’ai et ce qui se passe en moi. Je n’ai pas à avoir de doute.

    _ …et moi, je crois au miracle. Tout peut changer en un instant!

    _ Tu es trop idéaliste, Edward!

    _ Je préfère cela et m’accrocher à l’espoir! Tant que vous lutterez, votre aura se battra aussi.

    _ Probablement…

    _ Tu ne veux toujours pas me dire quel est ton secret? Ce secret si lourd à porter. me chuchota-t-il tendrement, son menton sur le sommet de mon crâne.

    _ Je… ».

    J’essayais de sortir les mots qui pourraient me délivrer et le lui faire partager mais à quel prix? Me croira-t-il? Pourra-t-il l’accepter? Comment concevra-t-il les choses après mon aveux? Non, ce serait trop dur…je dois éviter l’inévitable.

    _ « J’attendrais… » répondit-il, à mon grand désarroi.

    Je fermai les yeux, lovés contre son épaule, bercée par le vent qui souffle au dehors, une larme glissant sur ma joue.

    *

    *          *

     Un autre jour, j’ai fait visiter ma chambre à Edward et les endroits où j’aimais aller. Il n’était pas surpris quand je lui ai montré la nursery ou encore le secteur des enfants. Il a dit que c’était tout à fait moi. A son contact, j’avais changé, j’avais l’impression d’exister…je ne pouvais plus dire que je n’étais que l’ombre de moi-même.

    On se promenait sans but l’un à côté de l’autre quand soudain Charlie qui passait par là avec un chariot, me salua ainsi qu’Edward. Intrigué de me voir en compagnie masculine, il trouva un prétexte pour faire la conversation.

    _ «  Dis donc, ça fait un moment que je te vois plus faire tout l’établissement à pied! lança-t-il, en souriant.

    _ Eh bien, non tu vois. disais-je, gênée.

    _ Tu as des nouvelles de tes parents?

    _ Oui, hier ».

     L’infirmier fut interpeller par un autre interne et Edward était toujours attentif à notre échange.

    _ «  Je vais devoir vous laisser…en ce moment, c’est pas croyable…nous avons constaté un taux de guérison très important sur un graphique. Tous ceux qui ont des maladies bénignes guérissent grâce à leur traitement et il y d’autres cas aussi…

    _ C’est-à-dire? demanda Edward soudain curieux.

    _ Des gens dans le comas depuis un certain temps qui se relèvent du jour au lendemain sans explication…c’est un miracle, je dois dire. Maintenant pas mal de monde souhaite être hospitaliser à Saint Juste car il y aurait un ange protecteur ou je ne sais pas quoi qui serait présent dans l’hôpital.

    _ Tu n’es pas sérieux? Un ange? m’écriai-je, étonnée.

    _ Pas tant que ça, Alisea…murmura mon compagnon, très sérieux.

    _ Vous n’êtes pas sérieux! Il n’y a aucun miracle ni chance, il y a, à la minute où on parle des gens qui souffrent et qui meurent. Cela ne veut rien dire! m’exclamai-je à un Charlie et à un Edward, surpris.

    _ Euh…commença l’infirmier, à courts de mots.

    _ Je vais prendre l’air! » lançai-je, mon cœur battant à tout allure.

    Edward posa une main sur l’épaule de Charlie avec un sourire en guise d’excuse et partit me rejoindre sous les yeux médusés de Jim. Edward me rattrapa à temps et m’arrêta au beau milieu du couloir.

    _ «  Pourquoi réagis-tu ainsi? Je ne comprends pas…j’ai l’impression que tu es troublée…

    _ Ce n’est rien…ce graphique signifie rien, il y aura toujours des gens qui meurent…il n’y a pas de miracle, Edward sinon ça voudrait dire que tous le monde peut être sauver alors que c’est faux. Les condamnés n’ont pas de choix.

    _ Oh, Alisea… ».répondit-il en me serrant contre lui remarquant ma peine.

    A nouveau, j’eus peur à tel point que je m’accrochais désespérément à mon ami. En effet pourquoi me sentais-je à ce point fragile, déstabiliser?

    _ «  Je suis là…» dit-il, en me berçant.

    Oui mais pour combien de temps…

    Ma vie est entre deux mondes…

    A suivre…

     

     


  • Commentaires

    1
    Kiba-chan
    Vendredi 8 Mai 2009 à 15:46
    Trop mignon *-* J'avoue ?doit ?e dur de se sentir tr?proche d'un mec et de devoir lui dire que tu vas bient?ourir...
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